La déforestation en Côte d’Ivoire a un impact sur la faune et la flore. Elle marque certes l’avancée du désert vers la côte mais elle entraîne la disparition de l’habitat naturel de plusieurs espèces sauvages en voie d’extinction.

Ces dernières années, les espèces animales en voie d’extinction n’ont jamais été autant menacées. La principale cause réside dans un processus inquiétant de déforestation qui s’est accélérée ces 10 dernières années en Afrique subsaharienne. Les causes de la déforestation sont multiples et liées à l’activité humaine.
Il s’agit de l’exploitation illégale du bois, la production du charbon, l’occupation illégale des forêts classées et réserves, l’exploitation minière et l’orpaillage sans oublier l’agriculture industrielle grandissante encouragée et financée par les multinationales. Cette agriculture industrielle intensive sert surtout à la production de matières premières comme le café, l’hévéa, l’huile de palme et le cacao.
La perte énorme des forêts ivoiriennes
La Côte d’Ivoire est aussi touchée par la déforestation et les chiffres qui le confirment sont inquiétants. En effet, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estimait la superficie de la forêt ivoirienne à 16 millions d’hectares en 1900. Elle est passée par la suite à 6 millions en l’an 2000 pour être évaluée en 2016 à environ 2,5 millions hectares selon le Programme d’investissement forestier (PIF).
Ce déclin de la forêt ivoirienne marque également la disparition de l’habitat naturel des espèces protégées. En Côte d’Ivoire, l’occupation anarchique et illicite sont aujourd’hui un poison pour les forêts. C’est le cas de la forêt de Yapo Abbé dans la localité d’Agboville.
Le président des chefs et rois du département de l’Agneby-tiassa a envoyé des émissaires constater les faits et faire des photos. Comme rapporté, la forêt est en train d’être détruite massivement par des allogènes burkinabés au nombre de 4.000 à travers des ventes illicites de parcelles de terres dans une forêt classée
Pour EAGLE-Côte d’Ivoire, la déforestation qui prend de plus en plus de l’ampleur est la seconde cause de la disparition des espèces protégées derrière le braconnage et le trafic qui s’en suit.
« Presque toutes les espèces protégées vivent dans les forêts. Leur survie est plus que jamais fragilisée, voire quasi inexistante car touchée gravement par la destruction massive de leur habitat » a déploré Rens Ilgen, le coordinateur du projet EAGLE Côte d’Ivoire avant de préciser que « ces espèces sauvages jouent un rôle important dans l’équilibre de la nature. Les tuer met en péril la biodiversité et notre bien-être ».
Les organisations de défense de l’environnement comme l’AOE (Association des ONG de l’Environnement) tirent la sonnette d’alarme en exposant l’impact de la déforestation sur la biodiversité et sur le climat.
« Nous nous plaignons aujourd’hui qu’il fait chaud, mais c’est à cause de la déforestation. Aujourd’hui il fait excessivement chaud dans le nord et même dans les zones dites forestières. Tous les grands arbres sont tous coupés de nos jours, dégradant fortement le couvert forestier. Nous sommes exposés à l’avancée du désert si rien n’est fait. La forêt est le poumon de la biodiversité c’est pourquoi nous disons non à la déforestation » a expliqué Nahoua Ouattara, président de l’AOE.
L’AOE, soucieuse de la stabilité de la biodiversité et de sa chaine alimentaire, donne en termes de solutions immédiates la mise en place d’une politique durable des forêts à travers l’aménagement forestier durable, promouvoir l’agriculture zéro déforestation ainsi que la mise en place d’une politique inclusive de prévention et de réhabilitation des forêts.
SUY Kahofi sources SECOM EAGLE-Côte d’Ivoire
Situation administrative et géographique
Le Parc national de Taï (PNT) et la Réserve partielle de Faune du N’ZO (RPFN) constituent un bloc forestier qui couvre une superficie de 536 016 ha. Ce complexe fait partie du réseau des aires protégées de Côte d’Ivoire (figure 1), dont il représente 25% de la superficie totale.
Il est situé au sud-ouest de la Côte d’Ivoire dans l’interfluve Cavally-Sassandra entre les latitudes 5°08’ et 6°24’ Nord et les longitudes 6°47’ et 7°25’ Ouest.
Selon le dernier découpage administratif de 2013, le PNT s’étend sur trois (3) Régions (Cavally, Nawa et San Pedro), six (6) Départements (Guiglo, Taï, Buyo, Méagui, San Pedro et Tabou) et onze (11) Sous-préfectures (Guiglo, Nizahon, Taï, Zagné, Buyo, Dapéoua, Oupoyo, Gnanmangui, Doba, Dogbo et Djouroutou).
Historique
Le Parc national de Taï tire son nom de la ville de Taï, localité située entre sa limite ouest et le fleuve Cavally, frontière naturelle de la Côte d’Ivoire avec le Libéria. L’histoire de sa création commence en 1926 avec l’administration coloniale qui créa le « Parc refuge de la région forestière du Moyen et du Bas Cavally » par l’arrêté n°2508/AG/11/04/1926 (Riezebos et al., 1994) avec une superficie de 960 000 ha.
Après plusieurs évolutions, il devint, par arrêté du 07 août 1956, Réserve intégrale pour la faune et la flore de Taï dont les parties centrale et sud furent érigées en « Parc national de Taï » par décret n°72-544 du 28 août 1972 et la partie nord en « Réserve partielle de faune du N’zo » par décret n°72-545 du 28 août 1972. Les superficies respectives sont alors de 350 000 ha et 75 000 ha.
En 1973, le parc fut amputé d’une surface de 20 000 hectares au profit de la Réserve de faune du N’zo par décret n°73-132 du 21 mars 1973.
En 1977, une zone périphérique de protection du Parc national de Taï d’une superficie de 96 000 ha est créée à l’ouest et au nord-est par Décret n°77-348 du 03 juin 1977.
En 1983, une zone de protection et d’aménagement d’environ 18 000 ha est créée entre le Parc national de Taï et le périmètre papetier par arrêté MINEFOR n°9 du 11 mai 1983.
Plus tard, en application de l’article 9 de la loi 2002-102 du 11 février 2002 relative à la création, à la gestion et au financement des parcs nationaux et réserves naturelles, modifié en son article 2 par la Loi n° 2013-864 du 23 décembre 2013, les deux décrets suivants ont été pris :
– Décret n°2018- 495 du 23 mai 2018 portant modification des limites de la Réserve partiellede faune du N’zo en vue de sa réduction au profit du PNT (annexe 1a) ;
– Décret n°2018- 496 du 23 mai 2018 portant modification des limites du Parc national de Taï en vue d’étendre sa superficie à la zone périphérique de protection et à une partie de la Réserve de faune du N’zo (annexe 1b).
Ces deux décrets fixent définitivement la superficie du Parc national de Taï à 508 186 ha et celle de la Réserve partielle de faune du N’zo à 27 830 ha faisant de ce massif, le plus grand bloc forestier du domaine guinéen sous statut de protection avec une superficie globale2 de 536 016 ha (selon les Décrets N°2018- 495 et 496 du 23 mai 2018). La figure 3 ci-après présente les évolutions des limites du complexe forestier Taï et N’zo.
Au plan international, grâce aux efforts consentis par sa Direction et ses partenaires de l’époque, le parc a été admis au réseau mondial des Réserves de Biosphère en 1978 et inscrit sur la liste des sites naturels du Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982.
