Skip to content Skip to footer

Agroforesterie : la Côte d’Ivoire s’allie au Brésil pour restaurer son couvert forestier

La Côte d’Ivoire intensifie ses efforts pour restaurer son couvert forestier à travers une coopération stratégique avec le Brésil, pays reconnu pour son expertise avancée en agroforesterie. En mission officielle à Brasilia du 8 au 11 juillet 2025, le ministre des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba, a scellé ce partenariat dans l’optique de tirer profit des expériences brésiliennes dans la gestion durable des forêts.

Face à une déforestation massive ayant réduit la couverture forestière à moins de 11 % du territoire national, le gouvernement ivoirien s’est engagé dans un vaste programme de reboisement et de réhabilitation des espaces naturels. Ce partenariat avec le Brésil vise notamment à transposer les modèles d’agroforesterie performants du pays sud-américain, tout en les adaptant au contexte ivoirien.

La coopération porte sur plusieurs axes : transfert de compétences, appui technique, mise en place de modèles agricoles durables, mais aussi recherche de financements innovants pour soutenir les efforts nationaux. Le modèle brésilien, qui combine agriculture et reforestation dans une logique de rentabilité économique, séduit par sa capacité à restaurer les écosystèmes tout en maintenant les revenus des agriculteurs.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Stratégie de Préservation, de Réhabilitation et d’Extension des Forêts (SPREF) mise en œuvre par la Côte d’Ivoire, dont l’ambition est de restaurer jusqu’à 20 % du territoire national en forêts d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, le pays prévoit un reboisement d’au moins 100 000 hectares par an, mobilisant un budget estimé à 616 milliards de FCFA. L’État ivoirien s’engage à en financer 35 %, le reste devant provenir de partenariats publics et privés.

Plusieurs appuis internationaux ont déjà été obtenus dans ce sens. Lors de la COP29 tenue à Bakou en novembre 2024, la Banque européenne d’investissement a accordé une enveloppe de 100 milliards FCFA pour soutenir la restauration forestière ivoirienne. Par ailleurs, le Fonds international de développement agricole (FIDA) a également marqué son intérêt pour accompagner les initiatives agroforestières du pays.

En parallèle, la Côte d’Ivoire explore d’autres modèles de référence, comme celui du Costa Rica, pionnier en matière de paiements pour services environnementaux. Ce dispositif permet de rémunérer les producteurs et les communautés rurales qui contribuent activement à la préservation des ressources naturelles.

Des conventions concrètes ont déjà été signées, notamment avec la société britannique LEIF et le groupe AETS Afrique, pour la réhabilitation de forêts classées à Fengolo et Yani dans le cadre de projets de compensation carbone.

Grâce à cette coopération avec le Brésil, la Côte d’Ivoire fait un pas décisif vers une transition verte et durable. L’objectif est clair : restaurer les forêts tout en créant des opportunités économiques pour les populations rurales, et faire du pays un modèle africain de résilience écologique à l’horizon 2030.

Cart0
Cart0