La Côte d’Ivoire s’impose désormais comme un modèle continental en matière de finance carbone et de gouvernance climatique. Grâce à une politique ambitieuse, fondée sur la reforestation, l’innovation verte et la redistribution équitable des bénéfices, le pays se hisse au rang de champion africain de la finance carbone, selon plusieurs partenaires internationaux.
Au cœur de cette stratégie : le projet Karidja, lancé dans le Haut-Sassandra, qui prévoit la reforestation de plus de 100 000 hectares. Cette initiative vise à retirer un million de tonnes de CO₂ par an de l’atmosphère. Au-delà de la réduction des émissions, Karidja entend créer de véritables opportunités économiques durables pour les populations rurales, grâce à la valorisation des crédits carbone sur les marchés internationaux.

Ces efforts ont valu à la Côte d’Ivoire une reconnaissance concrète. En 2025, la Banque mondiale, via le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), a versé 35 millions de dollars (soit environ 21 milliards FCFA) au pays, en compensation de la réduction vérifiée de 7 millions de tonnes de CO₂. L’objectif est désormais d’atteindre 10 millions de tonnes, avec une ambition à moyen terme d’aller jusqu’à 20 millions.
Présentant ces avancées, le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Assahoré Konan Jacques, a salué « la montée en puissance du leadership climatique de la Côte d’Ivoire ». Il a affirmé que « la finance carbone est une opportunité unique pour transformer nos engagements environnementaux en leviers concrets de développement local, d’inclusion sociale et de croissance durable ».
Pour encadrer cette politique, le gouvernement a mis en place une architecture institutionnelle rigoureuse, incluant la création d’un Bureau du Marché Carbone, d’une Agence nationale du climat, ainsi que l’adoption d’un système de paiements digitaux via Mobile Money, destiné à environ 40 000 bénéficiaires issus des zones impliquées dans les projets.

Parallèlement à la finance carbone, la Côte d’Ivoire multiplie les projets d’énergies renouvelables, à l’image de la centrale solaire de Boundiali, du développement de la biomasse et de l’électrification verte des zones rurales. Cette transition vers une économie bas carbone s’inscrit dans une vision plus large : bâtir une croissance durable, résiliente et inclusive.
Avec le soutien du PNUD, le pays a également adopté une feuille de route nationale pour les marchés du carbone. Elle comprend la mise en place de registres fiables, la formation des acteurs nationaux et l’intégration des standards internationaux tels que REDD+.

Par cette combinaison d’actions concrètes, d’innovation et de gouvernance transparente, la Côte d’Ivoire se positionne comme une référence en matière de finance climatique sur le continent africain. Une trajectoire inspirante, alors que le monde s’oriente de plus en plus vers des solutions fondées sur la nature pour faire face à l’urgence climatique.
